les chants


 

Le chant constitue un aspect important de la sesshin où, à chaque après-midi, se déroule une cérémonie qui dure environ vingt minutes. Il y a des chants avant les repas et à la fin des activités régulières de la journée. Durant la cérémonie de l'après-midi l'on chante le sûtra « Prajna Paramita Hridaya », le sûtra de Kanzeon et les Quatre Voeux.

Bien que le temps consacré aux chants durant une sesshin soit relativement court, ils constituent néanmoins un aspect vital de la pratique, particulièrement les Quatre Voeux.

Le chant est accompagné du battement continu du mokugyo , un tambour en bois de forme arrondie, et de coups sur le keisu , un large gong en forme de cuvette. Le chant s'effectue sur un ton monocorde et prend naissance dans le hara. Durant une sesshin, le chant est à la fois une inspiration et un soulagement bienvenu. ..... 

 

Le ceremonie des chants


Les trois refuges (debout, face à l'autel, mains en gassho)

Je prends refuge auprès du Bouddha ...........(entière prosternation)

Je prends refuge auprès du Dharma...........(entière prosternation)

Je prends refuge auprès de la Sangha............(entière prosternation)

(s'asseoir face au centre du zendo)

Prajna Paramita Hridaya

Le sûtra de la parfaite sagesse

Avalokita Bodhisattva au plus profond de la prajna
Voyant le vide des cinq skandhas, brise les liens de la souffrance.
Sache que forme n'est que vide et que le vide n'est que forme
Forme n'est autre que vide, vide n'est autre que forme.
Sentiment, pensée et choix, même la perception sont vides.
Les dharmas aussi sont vides, tous sont le vide originel
Rien ne naît ou meurt, rien ne ternit ou brille
Rien qui grandit ou qui décroît.
Le vide ne contient ni forme, ni sentiment, pensée ou choix
Ni n'a de soi la conscience
Ni oeil, oreille ou nez, ni langue, esprit ou corps
Pas de couleur, d'odeur de son
Rien à goûter, rien à toucher, rien à penser ou percevoir.
Pas d'ignorance, ou fin de l'ignorance
Et rien qui naît de l'ignorance,
Ni déclin ni mort, ni fin de l'un ou fin de l'autre
Pas plus n'existe la douleur, ou cause ou fin de la douleur
Nul sentier noble libérant, et nulle sagesse à atteindre
Même la connaissance est vide.
Ainsi le Bodhisattva ne s'attache à rien de rien
Et vit au coeur de la Prajna
Libéré de toute illusion
Et sans les craintes qu'elles engendrent,
Atteint le plus pur Nirvana.
C'est par leur foi dans la Prajna, que les Bouddhas passés, présents

Et tous les Bouddhas à venir, connaissent le Grand Éveil.
Sache donc la Dharani, son éclat sans égal
Mantra qui calme tous les maux,
L'infaillible et puissant Mantra, Prajna Paramita.
Voilà Sagesse infinie, au-delà de tout doute
Vis et répand sa vérité
Gate, gate, paragate, parasamgate, bodhi, svaha!

(le chef de chant introduit le Kanzeon en le chantant seul une fois et tous ensuite le rejoignent.)

KANZEON!

Kanzeon!
Gloire à Bouddha!
Tous sont un avec Bouddha,
Tous s'éveillent au Bouddha.
Bouddha, Dharma, Sangha:
Liberté, joie, pureté.
Tout le jour Kanzeon
Toute la nuit Kanzeon.
Cette pensée vient de l'Esprit Bouddha.
Cette pensée est une avec l'Esprit Bouddha

(le chef de chant entonne le Retour des mérites - mains en gassho)

Dix directions, trois mondes,

Tous   Bouddhas,   Bodhisattvas-mahasattvas

Maha Prajna Paramita.

(à genoux, face à l'autel, mains en gassho. Le chef de chant entonne les Quatre Voeux)

Tous les êtres innombrables, je fais voeu de libérer.

Les passions aveugles et sans fin, je fais voeu de vaincre.

Les barrières infinies du Dharma, je fais voeu de franchir.

La grande Voie du Bouddha, je fais voeu de l'atteindre.

(debout, face à l'autel, mains en gassho. Trois prosternations.)


 

À la fin de chaque soirée de méditation, l'on chante le « Chant du Zazen » de Hakuin Zenji et les Quatre Voeux.

Hakuin est un maître zen japonais du 17 ième siècle. Il était profondément éveillé et son enseignement a contribué au renouveau de la pratique du zen au Japon.

Le Chant du Zazen de Hakuin Zenji


Depuis toujours tous les êtres sont Bouddha

Comme l'eau et la glace, sans eau pas de glace

Hors de nous point de Bouddha.

La vérité si proche nous la cherchons si loin

Comme une personne immergée criant « j'ai soif »

Comme un enfant de riche errant pauvre sur terre

Nous parcourons sans fin les six royaumes.

C'est l'illusion du moi qui cause notre peine

Toujours plus égarés nous errons dans l'obscur.

Comment nous libérer de la naissance et mort?

La voie qui libère est zazen-samadhi

Par delà nos éloges le pur Mahayana.

L'observance des préceptes, le repentir, le don

Les bienfaits sans nombre, la voie d'une vie juste,

Tout nous vient de zazen.

Un seul vrai samadhi éteint les flammes du mal

Purifie le karma et défait les entraves.

Où sont alors les voies sans issue de la nuit?

La terre de pureté est si près.

Entendre cette vérité d'un coeur pur et reconnaissant,

La chanter, l'embrasser, pratiquer sa sagesse

Donne grâces infinies et mérites sans mesure.

Mais si trouvant la source nous prouvons notre vraie nature,

Le vrai soi est non-soi, le soi propre non-soi,

Nous dépassons le moi et son langage habile.

La porte s'ouvre alors sur l'un de la cause et de l'effet.

Non trois et non deux, droit devant nous la Voie.

Notre forme désormais non-forme,

En allant et venant nous restons chez nous.

Notre pensée désormais non-pensée,

Nos chants, nos danses sont la voix du Dharma.

Qu'elle est vaste l'immensité du samadhi!

Si lumineux le clair de lune de la sagesse!

Qu'y a-t-il hors de nous et de quoi manquons-nous?

Le nirvana est là sous nos yeux.

La terre qui nous porte est la terre de pureté

Et ce corps même le corps du Bouddha.

 


Avant les repas, nous chantons un chant qui nous rappelle le labeur des autres et appelle à la modération en tout. Tous les chants doivent être chantés vigoureusement et avec attention.

Invoquer la nature compatissante, c'est s'éveiller aux souffrances des autres et faire naître le désir de travailler au salut de tous.

La nourriture est offerte symboliquement aux esprits affamés et assoiffés. C'est un rituel très ancien. Dans le zen, il est interprété comme une offrande pour apaiser ces parties de nous-mêmes qui sont si agitées, si avides d'attention et si assoiffées de sensations, qu'elles ne peuvent se joindre à la pratique et ne cherchent qu'à s'en éloigner.

 

chant du repas




(les mains en gassho)

(Chef de chant)
Avec tout ce qui vit
Rendons grâces aux Trois Trésors.
Souvenons-nous des efforts des Bouddhas et Bodhisattvas.

(Tous)
Nous devons ce repas à des êtres sans nombre,
N'oublions pas leur labeur.
Les errements sont multiples
Et nos efforts sont faibles,
Méritons-nous cette offrande?
De l'avidité naît la gourmandise,
Soyons modérés.
Cette offrande assure notre subsistance,
Soyons reconnaissants.
Nous mangeons pour atteindre la Voie du Bouddha.

(la nourriture est servie)

(Tous, en soulevant leur bol ou assiette)
Ce repas est offert
À Bouddha, Dharma et Sangha.
Entre nos maîtres, nos familles, entre les peuples et tout ce qui vit,
partageons également.
Aux êtres des six mondes nous offrons ce repas.


(les assiettes sont déposées sur la table, les mains en gassho)
O esprits affamés! O esprits torturés!
Acceptez maintenant cette nourriture du Dharma
Qu'elle comble les dix directions et soulage la faim
dans ces régions obscures.
O esprits affamés! O esprits torturés!
Abandonnez l'avidité et éveillez le désir de l'illumination.
Vous, esprits que la soif torture, acceptez ce liquide,
Qu'il étanche votre soif,
Qu'il diminue votre souffrance.
Que tous les êtres parviennent à la Bouddhéité.


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